Au sujet d'Exode 17

Ce chapitre nous présente une autre figure, qui a un intérêt spécial pour nous. "Et Amalek vint, et combattit contre Israël, à Rephidim. Et Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek - demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main" (vers. 8, 9). Le don du Saint Esprit mène à la lutte. La lumière reprend les ténèbres et les combat (comp. Éph. 5:7-14 - 6:12). Là où tout est obscurité, il n'y a pas de lutte - mais la plus faible lutte annonce la présence de la lumière. "La chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair - et ces choses sont opposées l'une à l'autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez" (Gal. 5:17). Il en est de même dans le chapitre que nous méditons: nous y voyons le rocher frappé et les eaux qui jaillissent, puis immédiatement après, nous lisons: "Amalek vint, et combattit contre Israël".

C'est la première fois qu'Israël se trouve en face d'un ennemi extérieur. Jusqu'ici le Seigneur a combattu pour lui, comme nous le voyons au chapitre 14: "L'Éternel combattra pour vous, et vous, vous demeurerez tranquilles". Mais ici, il est dit: "Choisis-nous des hommes". Dieu combattra maintenant en Israël. Nous savons qu'il y a de même une différence immense entre les combats de Christ pour nous, et les combats du Saint Esprit en nous. Les premiers sont finis, Dieu en soit béni - la victoire est remportée et une paix glorieuse et éternelle nous est assurée. Les derniers, au contraire, continuent encore maintenant.

Le Pharaon et Amalek représentent deux puissances ou influences différentes: le Pharaon est la figure de ce qui s'oppose à la délivrance d'Israël hors de l'Égypte - Amalek, la figure de ce qui met obstacle à la marche d'Israël avec Dieu, dans le désert. Le Pharaon se servait des choses de l'Égypte pour empêcher Israël de servir l'Éternel - il représente donc Satan, qui emploie le "présent siècle mauvais" (Gal. 1:4) contre le peuple de Dieu. Amalek nous apparaît comme le type de la chair - il était petit-fils d'Ésaü, qui préféra un potage aux lentilles à son droit d'aînesse (Gen. 36:12). Il fut le premier qui s'opposa aux Israélites après leur baptême "dans la nuée et dans la mer" (1 Cor. 10:2). Ces faits démontrent clairement quel est son caractère. De plus, nous savons que Saül fut rejeté et dépossédé du royaume d'Israël, pour avoir manqué à détruire Amalek (1 Sam. 15). Et encore, nous voyons que Haman est le dernier des Amalékites dont il soit fait mention dans l'Écriture (Esther 3:1). Aucun Amalékite ne pouvait entrer dans l'assemblée de l'Éternel - et enfin, dans le chapitre qui nous occupe, l'Éternel déclare qu'il y aura toujours guerre contre Amalek (comp. aussi Deut. 25:17-19).

Toutes ces circonstances nous montrent clairement qu'Amalek est un type de la chair dans le chrétien. Le rapprochement qui existe entre la bataille qu'Amalek livra à Israël, et l'eau jaillissant du rocher, est fort remarquable et instructif, et en harmonie parfaite avec la lutte que le croyant a à soutenir avec sa mauvaise nature - lutte qui résulte, comme nous le savons, de ce qu'il possède une nature nouvelle, dans laquelle le Saint Esprit demeure. Le combat ne commence pour Israël que lorsqu'il est en pleine possession de la rédemption, et qu'il a "mangé de la viande spirituelle et bu du rocher spirituel" (1 Cor. 10:3, 4). Jusqu'à ce qu'il rencontre Amalek, il n'a rien eu à faire. Ce ne furent pas les Israélites qui luttèrent contre le Pharaon, et détruisirent la puissance de l'Égypte en rompant les chaînes de leur esclavage - ce ne furent pas eux qui partagèrent la mer et noyèrent dans ses eaux le Pharaon et toute son armée - ce ne furent pas eux qui firent descendre du pain du ciel, ou jaillir de l'eau du rocher. Ils n'ont fait et ne pouvaient faire aucune de ces choses - mais, à présent, ils sont appelés à lutter contre Amalek. Tous les combats précédents avaient eu lieu entre l'Éternel et l'Ennemi. Les Israélites n'avaient eu qu'à "se tenir tranquilles", à contempler les triomphes éclatants du bras étendu de l'Éternel, et à jouir des fruits de la victoire. L'Éternel avait combattu pour eux - maintenant il combat en eux et par eux.

Il en est de même de l'Église de Dieu. Les victoires, sur lesquelles sa paix et sa félicité éternelles sont fondées, ont été remportées par Christ seul, pour elle. Il fut seul sur la croix, et seul dans la tombe. Le troupeau était dispersé: comment aurait-il pu être là ? Comment aurait-il pu vaincre Satan, endurer la colère de Dieu, ou ôter à la mort son aiguillon ? Tout cela était bien au-dessus de la puissance des pécheurs, mais non pas au-dessus de la puissance de Celui qui vint pour les sauver, et qui seul était capable de porter sur ses épaules le poids de tous leurs péchés, et d'en jeter le fardeau derrière lui, pour jamais, par son parfait sacrifice - en sorte que le Saint Esprit, procédant du Père, en vertu de l'expiation parfaite accomplie par le Fils, peut faire sa demeure dans l'Église collectivement et dans chacun de ses membres individuellement.

Or c'est quand le Saint Esprit fait ainsi sa demeure en nous, en conséquence de la mort et de la résurrection de Christ, que commence pour nous la lutte. Christ a combattu pour nous, le Saint Esprit combat en nous. Le fait même que nous jouissons de ce premier et précieux fruit de la victoire, nous place en hostilité immédiate avec l'Ennemi. Mais notre consolation et notre encouragement, c'est que nous sommes vainqueurs avant que d'arriver sur le champ de bataille. Le croyant va au-devant du combat en chantant: "Grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ" (1 Cor. 15:57). Nous ne combattons donc pas dans l'incertitude, ou comme battant l'air, tandis que nous cherchons à maîtriser notre corps et à le soumettre (1 Cor. 9:26, 27) - "Nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés" (Rom. 8:37). La grâce dans laquelle nous sommes, ôte à la chair tout pouvoir sur nous (voy. Rom. 6). Si la loi est "la puissance du péché" (1 Cor. 15:56), la grâce en est l'impuissance. La loi donne au péché de la puissance sur nous - la grâce nous donne de la puissance sur le péché.

"Et Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek - demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Et Josué fit comme Moïse lui avait dit, pour combattre contre Amalek - et Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline. Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu'Israël avait le dessus - et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus. Mais les mains de Moïse étaient pesantes, et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s'assit dessus - et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un deçà, et l'autre delà - et ses mains furent fermes jusqu'au coucher du soleil. Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l'épée" (vers. 9-13). Il y a ici deux choses distinctes: le combat et l'intercession. Christ est en haut pour nous, tandis que le Saint Esprit combat puissamment en nous. Ces deux choses vont ensemble: à mesure que, par la foi, nous réalisons la puissance de l'intercession de Christ en notre faveur, nous triomphons de notre mauvaise nature.


d'après Charles Henry Mackintosh, sur Exode 17 (texte entier)


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